Les grands acteurs de l'IA décrivent une croissance très rapide de la demande liée aux agents : des programmes qui enchaînent les requêtes en continu, pour le compte d'utilisateurs ou d'entreprises. Derrière les déclarations, une évolution de fond se dessine : la part de l'inférence dans la demande de calcul augmente. Cela pourrait changer la carte des data centers en France.
VOTRE SITUATION RESSEMBLE À L'UNE DE CELLES-CI ?
1. ENTRAÎNEMENT ET INFÉRENCE N'ONT PAS LES MÊMES BESOINS
L'entraînement d'un modèle se fait par campagnes, dans de très grands campus, et tolère d'être loin des utilisateurs. L'inférence, c'est-à-dire l'utilisation du modèle, est permanente. Elle gagne à être proche des utilisateurs, des réseaux de fibre et des entreprises clientes.
Inférence : environ 21 GW en 2025, 93 GW en 2030
Entraînement : environ 23 GW en 2025, 62 GW en 2030
Tailles types : campus d'entraînement de 200 MW à plusieurs GW, hubs d'inférence de 20 à 100 MW, nœuds de proximité de moins de 10 MW
2. CE QUE CELA POURRAIT DONNER EN FRANCE
Les grands campus de plusieurs centaines de mégawatts resteront nécessaires. Mais si l'inférence devient dominante, une part croissante des projets pourrait être de taille moyenne, de 10 à 50 MW, autour des grandes métropoles : Île-de-France, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nantes. C'est une hypothèse, pas une certitude : elle dépendra des choix des grands acheteurs de calcul et du prix de l'électricité.
3. LE GOULOT CHANGE DE NATURE
Le raccordement. Jusqu'à quelques dizaines de mégawatts, un data center se raccorde en général au réseau de distribution d'Enedis, en HTA. Dans les zones denses, les postes sources sont souvent déjà sollicités. Le goulot se déplace en partie du réseau de transport vers la distribution. Voir les data centers de 20 à 30 MW et le seuil des 40 MW, raccordement HTA et HTB et le raccordement par étapes à Cambrai.
Le foncier et les bâtiments. Près des villes, les terrains sont rares. La reconversion d'entrepôts, de friches ou de bâtiments industriels devient une piste sérieuse, avec ses contraintes : dalle, hauteur, accès électrique.
Le territoire. Plus de projets, plus proches des habitants, c'est aussi plus de questions sur le bruit, l'eau et l'électricité. Voir data centers et eau : ce que dit la loi.
Les délais. Les opérateurs décrivent déjà des délais de raccordement passés de deux ou trois ans à plus de cinq ans sur les grands projets. Pour des sites de taille moyenne, la question sera de savoir si la distribution peut suivre.
4. CE QU'IL FAUT RETENIR
Les agents d'IA ne font pas disparaître le problème de l'électricité : ils le déplacent vers des sites plus nombreux, plus petits et plus proches des villes. Pour un porteur de projet, les questions restent les mêmes, mais à une autre échelle : quelle puissance sur quel poste, à quelle date, dans quel bâtiment, et avec quel accueil local. Voir aussi AI factory en France et bureau d'études data center.
Sources : Hitachi Energy, « AI data centers 2030-2035: the power shift » (juin 2026), citant des projections de McKinsey ; Techniques de l'Ingénieur, « Les opérateurs de datacenters font face à des délais de raccordement qui s'allongent » (mars 2026). Cet article est une analyse : les projections citées sont celles de leurs auteurs et peuvent évoluer. Information générale.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Quelle différence entre entraînement et inférence pour un data center ?
L'entraînement se fait par campagnes dans de très grands campus et tolère l'éloignement. L'inférence est permanente et gagne à être proche des utilisateurs, ce qui favorise des sites plus petits près des métropoles.
L'IA agentique va-t-elle multiplier les data centers en France ?
C'est une hypothèse crédible : si l'inférence devient dominante, une part croissante des projets pourrait être de 10 à 50 MW près des grandes villes. Cela dépendra des grands acheteurs de calcul et du prix de l'électricité.
Comment se raccorde un data center de 10 à 50 MW ?
En général sur le réseau de distribution d'Enedis, en HTA, jusqu'à quelques dizaines de mégawatts. Au-delà, le raccordement relève du réseau de transport de RTE.

