Le 12 octobre 2026, Google a présenté un scénario révisé pour son campus de la zone d'Ozans, à Étrechet, près de Châteauroux : six à huit bâtiments déployés par étapes sur dix à vingt ans, contre dix dans le dossier initial, sur une emprise d'environ 195 hectares. Le débat public porte surtout sur le foncier, l'eau et le paysage. Mais le projet est d'abord un projet électrique, et c'est le réseau qui fixera son rythme réel.
VOTRE SITUATION RESSEMBLE À L'UNE DE CELLES-CI ?
DEUX PHASES, DEUX NIVEAUX DE TENSION
Selon les éléments rendus publics, la première phase prévoit un raccordement au réseau de transport à 225 000 volts, pour une puissance de 120 MW. La seconde suppose de nouveaux ouvrages à 400 000 volts : deux postes électriques, des liaisons souterraines à 225 kV et deux lignes aériennes à 400 kV de plus de dix kilomètres, réalisés par RTE.
Ces deux phases n'ont pas le même poids. La première s'appuie sur le réseau existant, éventuellement renforcé. La seconde crée des infrastructures nouvelles qui ont leurs propres études, leurs propres procédures d'autorisation et leur propre calendrier, distincts du permis de construire du data center. Pour le territoire, c'est souvent la partie la plus visible et la plus durable du projet.
PUISSANCE ANNONCÉE, PUISSANCE RACCORDÉE
Les estimations de puissance finale relayées par la presse vont de plus de 500 MW à 1,2 GW. La seule puissance précisée à ce stade est celle de la première phase : 120 MW. L'écart entre les deux n'a rien d'anormal pour un campus modulaire, mais il compte : ce qui est réellement engagé, c'est la capacité que RTE a proposée et que le porteur a réservée, pas le chiffre annoncé.
Comprendre ce qui se cache derrière une annonce de puissance, c'est la question que nous détaillons dans étude exploratoire, PTF ou convention : quel document sécurise vraiment un site.
UN CALENDRIER QUI BOUGE DÉJÀ
La saisine de la Commission nationale du débat public mentionnait une première mise en service en 2028-2029. Le scénario présenté en octobre parle désormais d'un premier bâtiment vers 2030. Pour un projet de cette taille, le calendrier dépend autant des ouvrages électriques et de leurs autorisations que du chantier lui-même. Chaque phase de puissance est un jalon à part entière.
CE QUE LA CONCERTATION PEUT ÉCLAIRER
La concertation sous l'égide de la CNDP doit s'ouvrir en novembre 2026, avec quatre réunions publiques, la première le 9 novembre à Châteauroux. Quel que soit l'avis de chacun sur le projet, quelques questions permettent de mieux comprendre ce qu'il engage :
Quels ouvrages la première phase nécessite-t-elle, et lesquels la seconde ?
Quel tracé et quelle procédure pour les lignes à 400 kV, et qui en décide ?
Qu'est-ce qui déclenche le passage d'une phase à l'autre ?
Que deviennent les terrains et les ouvrages si les phases suivantes ne se font pas ?
Sur l'eau, Google indique prévoir un premier remplissage d'environ 1 000 m³, sans prélèvement ni rejet dans les nappes. Les besoins en exploitation, selon la technologie de refroidissement retenue et en période de tension sur la ressource, restent une question à documenter.
NOTRE LECTURE
Le site d'Ozans figure parmi les sites « clés en main » sélectionnés par l'État, et la presse a évoqué une possible qualification en projet d'intérêt national majeur. Depuis la loi du 26 mai 2026, un data center qualifié ainsi voit son permis de construire délivré par le préfet et non plus par le maire, ce qui change l'équilibre entre la commune d'accueil, l'intercommunalité et l'État.
Pour les élus comme pour les habitants, l'enjeu est de distinguer ce qui est décidé, ce qui est réservé et ce qui reste une intention. Sur un campus de cette taille, c'est le raccordement qui fait la différence entre les trois. Nous suivons ce dossier, comme les autres, dans notre observatoire des contestations, de façon factuelle et sans prendre position.
Sources : DCmag, « Où en est le projet de data center XXL de Google à Châteauroux ? », 15 octobre 2026 ; AFP et La Tribune via Les Numériques, 21 septembre 2026 ; La Nouvelle République ; loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique (article 35). Les éléments du projet cités sont ceux rendus publics par le porteur de projet et la presse ; ils peuvent évoluer au fil de la concertation.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Quelle puissance pour le data center de Google à Étrechet ?
La première phase prévoit 120 MW raccordés au réseau de transport à 225 kV. Les estimations de puissance finale relayées par la presse vont de plus de 500 MW à 1,2 GW, selon le rythme de construction et les usages.
Quels ouvrages électriques sont prévus ?
Selon le dossier de concertation tel que rapporté par la presse : deux postes électriques, des liaisons souterraines à 225 kV et deux lignes aériennes à 400 kV de plus de dix kilomètres, réalisés par RTE.
Quand a lieu la concertation ?
La concertation sous l'égide de la Commission nationale du débat public doit s'ouvrir en novembre 2026, avec quatre réunions publiques, la première le 9 novembre à Châteauroux.
