PJM a passé les trois dernières années à reconstruire son processus de traitement des demandes de raccordement — et la réforme a vraiment fonctionné, du moins sur le papier. Le problème pour les développeurs data center, c'est que la file d'attente n'a jamais été le vrai goulot d'étranglement.

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LA RÉFORME, EN CHIFFRES

Avec le processus réformé de traitement par lots, PJM annonce que les nouveaux projets entrant dans le cycle actuel peuvent espérer un accord de service d'interconnexion en 1 à 2 ans, contre un processus qui prenait auparavant bien plus longtemps. PJM a traité plus de 170 000 MW de demandes de production depuis 2023 et affirme avoir résorbé l'essentiel de son ancienne "file de transition" — l'arriéré de projets déposés sous les anciennes règles. Pour son prochain cycle de raccordement, PJM a reçu des demandes représentant environ 220 GW de projets, un chiffre encore préliminaire.

Raccordement PJM — Où en est-on Nouveaux projets Cycle 1 : accord d'interconnexion en 1–2 ans (processus réformé)
Ancienne file de transition : largement résorbée en 2025–2026
Accords signés en attente de mise en service : environ 53 GW
Demandes reçues pour le prochain cycle : ~220 GW (préliminaire)

LE GOULOT S'EST DÉPLACÉ — IL N'A PAS DISPARU

Les propres données de PJM montrent que les projets d'infrastructure IA mis en service en 2025 ont mis en moyenne plus de sept ans pour atteindre le statut opérationnel — mais la file d'attente elle-même n'était plus le principal frein. Les projets ont mis environ trois ans pour obtenir un accord d'interconnexion, puis encore quatre ans d'attente avant leur mise en service effective après approbation. Le goulot s'est déplacé en aval : le renforcement du réseau de transport, la capacité des postes source et les délais équipement sont désormais les principaux obstacles entre un accord signé et un projet réellement énergisé.

Ça correspond exactement à ce qu'on suit côté équipement sur ce site : un raccordement approuvé n'est pas une garantie de mise en service dans les temps si les transformateurs, cellules HT et équipements de poste derrière n'ont pas été commandés des années à l'avance.

CE QUE ÇA CHANGE POUR PLANIFIER 2027

PJM fait aussi face à un écart offre-demande qui se creuse : la demande d'électricité devrait croître de plus de 30 GW entre 2024 et 2030, portée en grande partie par les data centers, tandis que les nouvelles capacités de production peinent à suivre — certaines estimations situent le déficit de capacité de PJM jusqu'à 15 GW d'ici 2030. Ce déséquilibre explique en partie pourquoi l'enchère de capacité 2025/2026 de PJM a atteint le plafond de prix imposé par la FERC sur l'ensemble de son territoire, signe de la tension entre offre et demande.

Pour un développeur visant une mise en service en 2027 ou 2028, la réforme de la file d'attente est une vraie bonne nouvelle pour le début du processus — mais elle ne change rien à la fenêtre de procurement équipement pluriannuelle qui suit. Un accord de raccordement plus rapide ne fait que déplacer la vraie contrainte plus tôt dans le calendrier du projet, pas la faire disparaître.